Anubandh : Bonjour à nouveau!
L'entretien
ayant duré plus longtemps que prévu, compte tenu de la richesse des sujets
abordés. Voici la
deuxième partie de notre discussion avec Renuka Vishwanathan, bonne lecture !
Passons
maintenant à la question du système judiciaire indien. J'aimerais que vous vous
concentriez sur un exemple particulièrement poignant tiré de votre récit :
celui de votre père. Il était juge à la Haute Cour, puis président de la Cour
suprême du Kerala. Issu d'une famille modeste, il fut le premier à faire des études et à accomplir un tel parcours. Il appartenait à la
caste des “Ezhava”, fortement marginalisée au Kerala. Malheureusement, il fut
démis de ses fonctions de manière brutale et injuste, et il vous a été très difficile de découvrir la vérité. Le juge Muralidhar
de la Cour suprême vous a apporté un soutien
précieux. Pourriez-vous nous raconter brièvement cette histoire ?
Que
s'est-il réellement passé dans cette affaire ?
Renuka
: J'ai abordé ce point dans son contexte et de manière
limitée, dans le chapitre consacré au pouvoir judiciaire. Je souhaitais
simplement que l'on comprenne que le pouvoir judiciaire n'est pas véritablement
indépendant… Quoi que l'on fasse, il ne pourra jamais l'être totalement. Penser
le contraire serait une erreur. Dans aucun pays, une telle indépendance est
possible et personne ne peut être totalement indépendant, en ce sens. C'est là,
un des problèmes.
Ce
qui s'est passé, et avant tout, je
voulais souligner que nous étions tous convaincus, à juste titre, que la
destitution était le seul moyen de révoquer un juge de la Haute Cour et de la
Cour suprême. Or, dans le cas de mon père, une mesure purement administrative a
été prise, fondée sur une disposition constitutionnelle qui laissait une
certaine marge de manœuvre. Cette disposition stipulait que si l'âge d'un juge
de la Haute Cour ou du président de la Cour suprême devait être déterminé, le
Président de l'Inde pouvait fixer cet âge. Il s'agissait donc d'une mesure administrative,
et non d'une procédure judiciaire, et encore moins d'une destitution. Ce
n'était pas une instance où l'on pouvait bénéficier du même traitement qu'un
simple délinquant, c'est-à-dire avoir la possibilité de présenter formellement
et légalement sa défense, d'être entendu et jugé par un jury ou un collège de
pairs. Ce n'est pas ce qui s'est passé, à cause de cette simple référence
constitutionnelle. Lors de la rédaction de la Constitution, personne n'aurait
sans doute imaginé que cela puisse arriver, que de tels abus puissent avoir
lieu. Aujourd'hui, en Inde, le président n'est qu'une figure symbolique. On
sait qu'il n'est pas élu au suffrage direct. Il n'est que le chef de l'État. Le
véritable pouvoir réside entre les mains du gouvernement, c'est-à-dire du
Premier ministre et de son cabinet.
Donc,
on peut se retrouver dans une situation où la décision, la décision politique
prise, peut-être… Eh bien, vous
savez, si un juge est gênant parce qu’il ne fait pas ce qu’on lui demande et
qu’il ne rend pas des jugements qui nous permettent de manipuler facilement les décisions, etc.
Maintenant,
nous n'avons pas besoin de revenir sur ce qui s'est passé ces 8 ou 10 dernières
années. Nous le savons, et c'est précisément pour cela que vous avez exprimé
votre malaise face à ma note de 5. Vous auriez probablement attribué une note
inférieure au système judiciaire. Permettez-moi d'y revenir, car je pense que
c'est un point important. Si j'ai attribué 5,
c'est parce que j’ai pris le système
judiciaire dans son ensemble. Bien sûr,
j'aurais dû me limiter à la Cour suprême et aux hautes cours, puisqu'elles
exercent la juridiction principale. Cependant, la vérité est qu'il existe un
grand nombre de juges au sein du système qui
rendent des jugements dont nous pouvons être fiers. Je parle de ceux qui font
preuve d'objectivité dans une affaire et qui rendent des décisions justes,
appréciées du public, qui inspirent confiance et redonnent foi en la justice.
Dans
le cas de mon père, une notification a été envoyée par le Président. Il a
répondu. Nous avons obtenu toutes les informations grâce au droit à
l'information (RTI), et c'est pourquoi je suis reconnaissante à ce droit, car
il est entré en vigueur au moment même où j'ai quitté mon emploi.
Anubandh : Excusez-moi, je voulais juste ajouter, il s'agissait de son acte de naissance, n'est-ce pas ?
Renuka : Oui, il s'agissait de son acte de naissance. Ils ont créé
une situation où ils ont affirmé que le document qu'il avait présenté n'était
pas un acte de naissance. Le plus étrange, c'est qu'ils ont prétendu que sa
date de naissance était fausse, la même qu'il avait
fournie lors de sa sélection et qui était restée la même pendant toutes ses
études, sa nomination. On peut vérifier ce
document et constater qu'il n'a pas été falsifié. Pourtant, ce n'est pas un
acte de naissance. Le problème en Inde, c'est que nous n'avons jamais eu d'acte
de naissance officiel délivré par l'hôpital où l'on est né. Car souvent, on ne
naît pas à l'hôpital ! Même moi, plusieurs années après lui, je ne suis pas née
à l'hôpital. Je veux dire, je suis née à l'hôpital, mais je n'ai pas d'acte de
naissance, car la délivrance d'un acte de naissance officiel, un acte de
naissance légal, n'a été mise en place que dans les années 1990. Avant cela, ça
n'existait pas. La plupart d'entre nous n'ont
jamais eu d'acte de naissance en bonne et due forme. Il y avait bien une
inscription à cet endroit. Les registres du village contiennent tout un
ensemble d'entrées confuses, voire contradictoires. Souvent, elles ne
correspondent absolument pas à la réalité de sa propre famille, car elles ont
été simplement inscrites par quelqu'un, quelque part, alors qu'une autre
personne portait le même nom, mais avec une date de naissance différente,
inscrite à la main sur un bout de papier.
Les
juges, le système judiciaire, la profession juridique, ou encore la loi établie
stipulaient que la date inscrite sur le certificat d'études secondaires, lors
de l'examen d'entrée à l'université, faisait foi de la date de naissance. C'est
celle que j'ai présentée dans le livre. Elle correspond parfaitement aux dires
de mon père. Elle correspond même à la date de naissance que nous célébrons
aujourd'hui. C'est donc notre famille qui a commémoré cette date. Il n'y a
jamais eu le moindre soupçon ni la moindre croyance qu'il s'agissait d'une
autre date de naissance. Elle est parfaitement cohérente avec tout ce qui s'est
passé jusqu'à ses derniers jours.
Mais
ils se sont contentés d'une petite mention dans un document qu'ils ont sorti
des registres du village, affirmant qu'il s'agissait de sa véritable date de
naissance, sans lui donner la possibilité de s'expliquer devant d'autres juges.
Or, la loi l'exigeait. Cette procédure n'a pas été respectée et, un matin, il a
simplement reçu un télégramme l'informant qu'il était considéré comme « retraité à compter d'aujourd'hui ». Un simple
télégramme. Il n'a même pas reçu d'ordre écrit, aucun décret gouvernemental
expliquant les raisons de cette décision présidentielle… J'ai ensuite consulté
les documents du Rashtrapati Bhavan, obtenus grâce à une demande d'accès à
l'information, après avoir déposé une requête. Je suis très reconnaissante des avocats, notamment à Maître
Venu Gopal et Maître Gopal Shankar Narayanan,
ainsi qu'au juge S. Murlidhar, qui a tranché l'affaire. Il a contraint le
Rashtrapati Bhavan à fournir les documents. Ils les retenaient, mais la loi les
y obligeait. Ils nous les ont donc remis et je possède tous les documents.
Ces
documents montrent très clairement que même le Président avait des réserves à
ce moment-là. Il disait même : « Écoutez, pourquoi me pressez-vous de
prendre cette décision ? » J’ai ce document ! Il le dit
clairement. Cependant, il se passait indéniablement quelque chose. Il était du
genre à ne suivre aucune directive du pouvoir exécutif. C’était l’une des raisons…
La
deuxième raison que je voudrais évoquer est qu'il est largement admis, et vous
pouvez interroger n'importe quel juriste au Kerala et à Delhi connaissant le
dossier, qu'un facteur de caste a certainement joué un rôle dans cette affaire.
Mais je ne peux que répéter ce qu'on m'a dit.
Anubandh : Je pense que, pour la plupart des observateurs de la
politique indienne, cela ne serait pas une surprise. Néanmoins, permettez-moi
de rappeler à l'auditoire que votre père est né en 1915, n'est-ce pas ?
Renuka : Oui.
Anubandh : Imaginez donc demander un acte de naissance datant de
1915 ! Cela explique aussi les manifestations contre la loi sur la
citoyenneté (CAA), n'est-ce pas ? Nous avons constaté les difficultés. Par
conséquent, c'est tout à fait impraticable, voire déraisonnable.
Une
autre comparaison que je souhaitais faire concernant le système judiciaire, les
avocats et les juges, est l'exemple du Pakistan. Vous savez comment le
président Musharraf a dû céder le pouvoir suite aux manifestations des juges et
des avocats. Or, c'est ce qui se passe, ou plutôt s'est passé, dans notre pays
voisin.
Le
chapitre suivant, qui est passionnant, traite du rôle des femmes dans la
démocratie, sujet que vous avez abordé. Je vous propose d'en lire quelques
extraits.
Vous
avez dit que c'était une question « d'intégrité,
d'intention de la part des politiciens ». En
réalité, la plupart d'entre eux sont conscients des véritables préoccupations
des femmes, mais ils font comme si de rien n'était… Ils leur sont indifférents,
d'une certaine manière et pour diverses raisons… Vous avez dressé une liste des
principales préoccupations des femmes.
Le
premier point concerne la « sécurité physique et la dignité ». Vous avez donc
mis en lumière les problèmes de violence domestique et de harcèlement sexuel.
À ce sujet, vous avez également écrit un article dans The Citizen
en 2022 : « Pourquoi ne parle-t-on pas des violences faites aux
femmes dans leur foyer ? ». Deuxièmement, il y a « l’éducation
et la santé, et le taux d’analphabétisme élevé ». Ainsi, en 2010, le
recensement a révélé que 35 % des femmes étaient analphabètes, ce qui
signifie que seulement 65 % des femmes savaient lire et écrire. Le taux
d’alphabétisation des hommes, quant à lui, était de 81 %. On observe
également une mortalité maternelle élevée et une malnutrition chez les femmes.
Vous avez aussi cité l’exemple du Rajasthan. Par exemple, en 1987, vous étiez
observatrice électorale dans la circonscription parlementaire de Tong. Vous
avez constaté que la plupart des électrices ne savaient pas signer leur
bulletin de vote. Cela vous a choquée, car vous venez du Kerala, où le taux
d’alphabétisation des femmes était de 90 %, tandis qu’au Karnataka, il
était de 68 %.
Le
troisième point que vous avez soulevé concerne les « revenus et les moyens de subsistance ».
Vous avez évoqué de nombreux métiers à forte représentation féminine, tels que
les enseignantes, les puéricultrices, les aide-soignantes, les éboueuses, les
infirmières,… Vous avez également souligné que
de nombreuses familles dépendent des revenus des femmes et que ce phénomène est
encore trop peu reconnu en Inde.
Le
quatrième point est « l’égalité de statut ». Vous avez mentionné les lois familiales et patrimoniales, souvent
discriminatoires. Le patriarcat engendre des obstacles pratiques. Vous avez
également parlé de votre expérience politique avec le Parti Aam Aadmi (AAP)
concernant les questions féminines. Vous n’en étiez pas vraiment satisfaite.
L’AAP compte très peu de femmes dirigeantes et ministres, malgré sa longue
présence au pouvoir. Vous avez déploré que les questions féminines aient été
ajoutées au programme du parti à la dernière minute, dans le seul but de
séduire l’électorat féminin, et sans réelle volonté de concrétiser cette
position. En quelque sorte, il s’agit d’un geste symbolique.
Vous
avez été choquée que de hauts responsables de l'AAP s'opposent à l'utilisation
du terme « d’autonomisation des
femmes » suite à la gratuité des transports en commun pour les femmes à
Delhi. Vous avez souligné que le gouvernement de l'AAP, arrivé au pouvoir grâce
au soutien de ses fidèles électrices, n'avait pourtant pas fait grand-chose pour augmenter le financement des agents de protection
et des centres d'accueil afin de briser le cercle vicieux des violences
conjugales, ni pour garantir l'égalité de traitement et la sécurité de l'emploi
aux travailleuses des centres Anganwadi et Asha. Il s'agissait donc de
questions de politique générale. Ces mesures auraient pu être mises en œuvre
sans grande controverse, mais cela n'a pas été le cas.
Vous
avez dit que, lors de votre première visite au siège du parti AAP à Bangalore,
vous aviez été surprise par la suggestion du chef de la section locale de
rejoindre la section féminine, réunie dans une salle voisine pour discuter des
problématiques féminines. C'est comme si, chez nous, les femmes étaient
reléguées à la cuisine ! Il semble donc y avoir un traitement similaire.
Vous
avez mentionné avoir quitté l'organisation Kannada AAP en 2020, tout en
continuant à voter, à faire campagne et à faire du bénévolat pour elle.
Vous
avez salué la loi sur le triple talaq, qui, selon vous, s'attaque de front à la
cause des femmes. Vous n'êtes pas vraiment favorable à la mise en place de
quotas pour les femmes en politique, car vous estimez que cela ne permettra pas
de concrétiser les politiques souhaitées par les électrices.
Enfin,
même pour une optimiste comme vous, l'avenir politique des femmes indiennes semble
sombre.
À
vous la parole.
Renuka : Concernant les quatre points qui intéressent les femmes, je
suis absolument certaine que les politiciens de tous les partis, y compris le
Parti Aam Aadmi, en sont conscients. Il suffit de parler à une seule électrice
pour obtenir les mêmes retours que ceux que j'ai donnés : c'est exactement
ce que veulent les femmes. Voilà ce qu'elles souhaitent. Je suis vraiment déçue
qu'ils n'aient pas pu…
Il
y avait de l'argent à Delhi et il a été utilisé à diverses fins. Il a servi à
financer d'excellents programmes. Par exemple, la gratuité des transports en
commun pour les femmes. Je trouvais ce programme excellent, car en plus de leur
permettre de gagner un revenu à moindre coût, le coût des transports était
supprimé de leurs dépenses. Il offrait également aux femmes victimes de
violences conjugales un moyen de fuir. Par violences conjugales, je n'entends
pas seulement les violences du conjoint, mais celles de toute personne
commettant des violences au sein même du foyer. On ne sait jamais qui est
l'auteur de ces violences. Ainsi, de nombreuses femmes qui travaillent et
gagnent leur vie se retrouvent parfois sans ressources, et en cas de violence,
la gratuité des transports leur permettait d'ouvrir la porte, de sortir et de
prendre le bus pour échapper à ces violences. C'était sans aucun doute une
excellente initiative.
Cependant,
j'ai été très déçue par leur deuxième décision. Cette mesure a été reprise par
tout le monde, partout en Inde, y compris au Karnataka. Elle convenait à tous.
Il s'agissait en fait de donner une misère aux femmes. Or, je m'oppose
fermement, par principe, à cette mesure. Non pas que je sois contre la
protection sociale. Les femmes en ont besoin. Il faut la leur accorder.
Cependant, le but ultime des partis politiques est de minimiser, voire
d'empêcher, toute mesure qui donnerait aux femmes les moyens d'agir. Par
exemple, former une femme à l'autodéfense lui permettrait de se sentir protégée
lorsqu'elle marche la tête haute, ce que les gens ne veulent pas voir. Aucun
parti politique n'en parle. Ils n'en veulent pas. Et pourtant, ça marche ! Je
l'ai expérimenté moi-même lorsque j'étais commissaire adjointe à Dharwad
(Karnataka). Ça marche, c'est certain. C'est une des choses qu'ils auraient pu
faire. Ce que je veux dire, c'est que ce qu'ils auraient pu faire et qu'ils ne
l'ont pas fait.
La
deuxième chose qu'ils n'ont pas faite, c'est d'investir dans les centres
d'hébergement, les services de soutien psychologique et la mise en œuvre de la
loi sur la protection contre les violences domestiques. Certes, il ne s'agit
pas du Code pénal indien, car celui-ci est irréformable. Nous sommes
impuissants face à ce problème mondial de violences domestiques. La police
n'est pas vraiment là pour protéger les femmes et celles qui se trouvent dans
ces situations. Cependant, pour offrir une solution aux femmes piégées chez
elles, sans aucune confiance en leur capacité à gérer leur vie, la loi sur la
protection contre les violences domestiques, dotée d'un financement adéquat
(l'AAP disposait des fonds nécessaires), aurait pu leur ouvrir une porte de
sortie. Il n'était même pas nécessaire de l'inscrire en tête de votre
programme. Il suffisait de le faire, car si cela risquait de susciter la
controverse et de diviser votre parti entre hommes et femmes, il valait mieux y
renoncer. L'important était de le faire pour que ces femmes puissent obtenir ce
soulagement. Malheureusement, cela n'a pas été le cas.
Le
troisième point, et celui qui me révolte profondément, concerne au moins trois
professions presque exclusivement féminines. Parmi elles, les
« Anganwadis », ces centres de garde d'enfants gratuits pour les
enfants pauvres dans les villages, gérés entièrement par des femmes. Il y a
aussi les agentes de santé communautaires (ASHA). Je pense que cela est
probablement anticonstitutionnel. Ces emplois sont exclusivement réservés aux
femmes.
Ensuite,
il y a bien sûr la troisième chose que nous avons constatée à Bangalore : les
éboueurs. Un grand nombre de personnes se chargent du ramassage des ordures.
N'oublions pas les infirmières et les enseignants, eux aussi essentiels. Ces
trois catégories de personnes sont directement contrôlées par les institutions
gouvernementales, les collectivités locales… et pourquoi n'a-t-on rien fait
pour leur garantir leurs droits ? Parce qu'ils sont payés une misère. Je peux vous dire que pendant le confinement du Covid, le personnel soignant effectuait une journée de
travail complète. Les éboueurs, eux, étaient constamment sur le terrain et
n'étaient payés qu'après deux, trois, voire six mois ! C'est totalement illégal
! Il n'y a aucun doute là-dessus. Ils ne gagnaient pas un salaire décent. Ils
auraient donc pu être titularisés. Ils auraient pu bénéficier de toutes les
protections liées à la fonction publique, c'est-à-dire des perspectives
d'évolution, l'accès aux soins médicaux, à une assurance,… Elles auraient pu l'obtenir comme un droit, et non comme
une allocation sociale. Et vous vous attendez à ce qu'elles vous en soient
reconnaissantes ? Mon argument est donc que tout ce qui aurait pu être
fait pour que les femmes se redressent, se lèvent et affirment :
« C'est notre droit, nous l'obtenons », elles ne l'ont pas obtenu.
Si
l'on considère l'histoire du suffrage féminin dans son ensemble, on constate qu’en Inde nous n'avons pas
lutté pour cela. Mais les pays et les femmes
qui l'ont fait, qui se sont battus pour
obtenir le droit de vote, car elles aspiraient
à ce pouvoir de vote pour véritablement transformer les inégalités dont elles
étaient victimes au sein de la société.
Anubandh : Merci.
Je
tiens à souligner que les observations que vous avez faites à propos du parti
Aam Aadmi (AAP) auraient pu s'appliquer à n'importe quel autre parti politique
en Inde.
Renuka : Oui, absolument !
Anubandh : Et cela ne concerne pas spécifiquement l'AAP.
Renuka : Tu as raison.
Anubandh : Et vous les avez également félicités (AAP) pour leur
gouvernance et d'autres aspects.
Puisqu'il
est question de l'AAP, je tiens à préciser que j'ai également participé aux
débuts du mouvement, jusqu'en 2015. J'ai ensuite cessé toute collaboration et
nous avons pris des chemins différents. Vous, en revanche, avez continué.
Il
y a un point que je tiens à souligner, car il est important pour moi et pour le
public indien, qui n'est pas très présent sur ce compte. Il s'agit de la
comparaison que vous avez faite entre différentes démocraties du monde. Je vais
partager mon écran pour l'illustrer.
Voici les observations que vous avez formulées dans le livre. J'y ai ajouté une catégorie qui n'y figurait pas, et qui est de mon propre chef. Je vous invite toutefois à me faire part de vos commentaires à ce sujet.
Nous
parlons donc des démocraties du monde. Vous les avez regroupées en démocraties
fonctionnelles ou pleinement opérationnelles, entre démocraties et États
déviants ou non-démocratiques.
Parmi
les démocraties pleinement fonctionnelles, vous avez inclus l'Europe
occidentale, les États-Unis, l'Australie, le Canada, le Japon, la Corée du Sud
et Taïwan. Vous avez mentionné que la Suisse est le pays le plus démocratique
où le pouvoir exécutif, le Conseil fédéral, est un organe collégial sans chef
unique.
Entre
deux démocraties : vous citez la Turquie et Singapour comme exemples et vous
affirmez qu'elles se trouvent à la frontière entre démocratie et totalitarisme,
autoritarisme.
Déclaration
erronée : Vous dites cela à propos de la Russie, de l’Iran, de la Hongrie,
de l’Arabie Saoudite, de la Chine
et des États-Unis sous l’ère Trump.
J'ai
ajouté une nouvelle catégorie. Elle concerne les démocraties imposées.
J'aimerais avoir votre avis à ce sujet, car toutes ces promesses… Je veux dire,
nous savons que l'Afghanistan et l'Irak ont été attaqués par les États-Unis
et que des « démocraties » y ont été « instaurées ». À l'époque, les arguments
avancés portaient également sur l'amélioration du statut des femmes sous le
régime taliban en Afghanistan. Récemment, nous
avons également assisté à une sorte de coup d'État au Bangladesh, et bien
qu'une démocratie y soit en place, il y a des allégations selon lesquelles tout
cela aurait été orchestré par les États-Unis. Nous avons aussi l'exemple des « Printemps
arabes ». Là encore, de nombreuses allégations font état d'une implication
des États-Unis afin d'installer des gouvernements qui leur seraient favorables,
etc.
Alors,
êtes-vous d'accord avec cela ?
Renuka : Non, non, je ne suis pas vraiment d'accord avec ça.
Car
j'exclurais les États-Unis de la liste des États déviants. Je n'ai pas effectué
de calcul, ni de division de ce genre. J'ai simplement dit que, selon moi, six
points sont nécessaires pour déterminer si un pays est une démocratie ou non.
J'ai appelé cela le « kit d'identité de la démocratie », et chaque
pays, ou chaque citoyen, devrait probablement se pencher sur la question et
vérifier si son pays est une démocratie ou non. Ou, plus généralement, où il en
est sur la voie de la démocratie.
Je
placerais sans hésiter les États-Unis en tête des démocraties fonctionnelles.
C'est une démocratie qui fonctionne. Après tout, l'Inde figure également parmi
les démocraties fonctionnelles… Je la classerais aussi parmi elles. Elle y
figure toujours, elle est toujours une démocratie pour diverses raisons, et je
l'ai évaluée selon mes six critères. Par conséquent, je placerais sans hésiter
les États-Unis parmi les meilleures. Toutes les démocraties rencontrent des
problèmes de toutes sortes, car aucune ne garantit véritablement le pouvoir de
la majorité. C'est d'ailleurs le sujet de ma thèse.
À
l'autre extrémité du spectre, je ne me préoccupe absolument pas de
l'Afghanistan, de l'Irak, du Bangladesh et de tout cela. Je considère que le
Printemps arabe n'était de toute façon qu'un épisode passager qui n'a pas tenu
ses promesses. Ainsi, je dirais qu'à l'autre extrémité de la liste se trouvent
sans aucun doute les pays qui ne sont pas des démocraties. J'irais même jusqu'à
dire que cela concerne les pays qui n'ont même pas déclaré vouloir être des
démocraties, comme la Chine par exemple. Elle ne dit même pas vouloir être une
démocratie. Les monarchies du Moyen-Orient, ce sont des monarchies, tout
simplement. Aucune d'entre elles n'est une démocratie. Elles ne veulent pas
être des démocraties. Elles n'ont même jamais prétendu l'être. Et puis il y a…
Enfin, je ne me prononcerai pas vraiment sur la Hongrie car je ne la connais
pas suffisamment. Je veux dire, comment elle se situe par rapport aux six
critères que j'ai énoncés. Je ne suis pas expert en la matière. Donc, je ne
peux vraiment pas me prononcer.
La
Turquie est vraiment à la croisée des chemins, donc je la classerais dans cette
catégorie. Concernant Singapour, j'ai un problème. Je ne la qualifierais pas de
démocratie totale. Non, elle se situe clairement entre les deux et une décision
devra probablement être prise. Quant à la Russie, bien qu'elle ait une constitution, ce n'est pas une
démocratie. Par conséquent, je changerais complètement d'avis.
Je
ne comprends absolument pas ce concept de « démocratie forcée », car je ne l'ai
pas appréhendé. Vous, si, et vous êtes probablement animé par une conception
différente de ce qu'est une démocratie forcée. L'Afghanistan, l'Irak et, bien
sûr, comme je l'ai dit, le Printemps arabe ne sont que des phénomènes qui se
sont produits. C'était un phénomène porteur d'espoir, mais il a dégénéré ou
s'est fragmenté, comme on peut le constater dans de nombreux pays tels que la
Tunisie, l'Égypte, etc., où son influence s'est fait sentir.
Concernant
le Bangladesh, je suis perplexe. Je ne sais vraiment pas ce qui s'y passe. On
sait qu'ils ont changé de gouvernement et on entend beaucoup de discours.
J'hésite à prendre position sans en savoir beaucoup. Certains disent que ce
sont les Américains qui les manipulent, qui les poussent à agir d'une certaine
manière. Vous savez, Muhammad Yunus est quelqu'un qui a fait beaucoup de bien
et qui jouit d'une certaine réputation. Je ne sais vraiment pas, et cela
m'inquiète.
Pour
finir sur une note plus positive, il
s'agit du Sri Lanka. Le Sri Lanka est un pays où j'ai eu l'impression que tout
allait à l'encontre de mes attentes. J'étais
sur le qui-vive, me demandant comment les choses allaient évoluer, ce qui
allait se passer. Pourtant, ils sont sortis de ces manifestations, qui étaient
particulièrement violentes. Ils se sont enfin assis à la table des
négociations. Ils ont rédigé une constitution, élaboré des solutions et mis en
place un gouvernement dont on n'entend plus beaucoup parler. Tant qu'on n'entend
plus parler d'eux, c'est peut-être bon signe ! Le Sri Lanka me remplit donc de
joie.
Anubandh : D'accord. Merci.
Je
suis désolé. Ce graphique comporte quelques corrections. J'aurais dû les
apporter moi-même. J'ai néanmoins essayé de compiler les informations de votre
livre, même si elles n'y étaient pas présentées de cette façon. L'objectif est
d'enrichir la discussion et je suis ravi que vous l'ayez perçu ainsi.
Puisque
nous parlons de démocraties à travers le monde, et étant donné que je vis en
France depuis près de dix ans, j'ai eu l'occasion de comparer et d'observer le
fonctionnement démocratique ici. À l'auditoire indien, j'aimerais partager
quelques observations qui, puisque vous avez également vécu en France, vous
parleront sans doute.
Commençons
donc par les points positifs, les meilleures pratiques, puis j'aborderai
certains problèmes liés à la démocratie. En France, le financement des
élections est en place. C'est donc l'État qui gère le financement des partis
politiques. Bien sûr, des problèmes subsistent, mais il existe un cadre sur
lequel on peut s'appuyer. C'est un point important.
Ce
que j'ai trouvé vraiment intéressant, c'est que les programmes électoraux de
chaque parti sont en réalité distribués par les municipalités. Concrètement,
elles demandent à chaque parti d'imprimer son programme sur une seule page,
puis elles confectionnent une enveloppe. Le programme est inséré dans
l'enveloppe et envoyé à chaque habitant. De cette façon, les affiches
électorales ne sont pas omniprésentes et chaque parti a la possibilité, grâce
aux fonds publics, de communiquer avec les électeurs.
J'ai
été vraiment surpris la première fois que j'ai voté ici en France. Le vote se
fait encore au scrutin secret. Le dépouillement est effectué par les citoyens
eux-mêmes ! Il n'y a pas de commission électorale. Ni police, ni
patrouilles militaires. Et puis, quand les gens viennent voter, on leur demande
parfois : « Voulez-vous rester après le dépouillement pour nous
aider ? » C'est vraiment ça, l'esprit de la démocratie : la
participation active des citoyens.
Je
vous avais également parlé de l'exemple des pays scandinaves. Là-bas, dans leur
déclaration de revenus, les citoyens disposent d'un formulaire leur permettant
d'indiquer leurs préférences quant à l'affectation de leurs impôts :
éducation, défense, santé publique, etc. Le gouvernement en place est tenu,
dans une certaine mesure, de respecter ces souhaits. Je trouve cela novateur.
Il
y a maintenant certains problèmes, et il est important d'en parler car beaucoup
en Inde considèrent ces pays comme des exemples de bonnes pratiques
démocratiques, à l'instar des démocraties occidentales. Nous connaissons mal
leurs faiblesses.
En
France, puisque vous avez évoqué les référendums et celui sur le Brexit, il me
semble pertinent de parler également du référendum de 2005. Il portait sur la
Constitution de l'Union européenne, que les États membres devaient adopter. Les
citoyens français, tout comme les citoyens néerlandais, ont voté
« non ». Malheureusement, deux ans plus tard, en 2007, sous la
présidence de Nicolas Sarkozy, le traité de Lisbonne a été signé et la
Constitution a été imposée en catimini. Ce fut donc un véritable mépris du
choix populaire.
Là
encore, environ 80 % des lois votées en assemblée de France s'inspirent des directives
de l'UE. Autrement dit, la France n'a plus aucune souveraineté. Elle ne fait
qu'appliquer les décisions de l'Union européenne (UE). Nous aborderons
également les problèmes liés à l'UE plus tard.
Par
ailleurs, le gouvernement français a fait l'objet de graves accusations de
violences d'État. On peut citer, par exemple, sa gestion des manifestations,
notamment celle des « Gilets jaunes », qui est critiquée tant par
Amnesty International que par les instances européennes de défense des droits
humains.
Nous
savons également que la récente réforme des retraites a vu des millions de
Français descendre dans la rue, et que leurs revendications n'ont pas été
acceptées. Pourtant, chaque fois que Volodymyr Zelensky vient en France, il
reçoit des chèques de plusieurs milliards d'euros, sans aucun débat
parlementaire, sans aucune approbation. Voilà le contraste.
Le
gouvernement français se montre également très sévère envers les journalistes
d'investigation, surtout lorsque les intérêts de l'État sont en jeu. C'était le
cas de la France.
Passons
maintenant à l'Union européenne. Je vous inviterai ensuite à prendre la parole
si vous avez des commentaires.
Le
Parlement européen est donc relativement impuissant. Par exemple, il ne peut
même pas proposer de nouvelle loi de sa propre initiative. Il ne peut que voter
une loi proposée par la Commission européenne ou le Conseil de l'Europe.
Ursula
von der Leyen est la présidente « nommée » de l'UE. Elle n'est pas
élue, mais nommée. Cela pose problème. Par ailleurs, elle était auparavant
ministre de la Défense allemande, et son mandat a été entaché de nombreuses
allégations de corruption. Pourtant, elle a été « choisie » comme
présidente de l'Union européenne.
Même
pendant la période du Covid, elle est accusée d'avoir signé des contrats d'une
valeur de plusieurs milliards d'euros par simple SMS, au mépris de toutes les
procédures et normes.
On
l'accuse également d'autoritarisme. Par exemple, lorsqu'elle a interdit dans
toute l'Union européenne les chaînes Russia Today et Sputnik, les accusant de
désinformation. Or, ces chaînes n'ont eu aucune possibilité de recours légal.
C'était assurément antidémocratique. Pendant ce temps, la BBC, CNN et d'autres
chaînes occidentales étaient accessibles à Moscou, bien que la Russie ne soit
pas une « démocratie ». Voilà le contraste. Bien sûr, les Russes ont fini par
les interdire aussi, mais bon.
Ensuite,
les membres du Conseil de l'UE, qui compte 27 représentants de chaque État
membre ne sont pas tous élus, la plupart sont nommés. Ils disposent de pouvoirs
considérables et décident pour l'ensemble de l'Union européenne.
De
plus, le lobbying est légal au sein de l'Union européenne. Par conséquent, ce
ne sont ni la morale, ni l'éthique, ni les principes qui priment, mais
l'argent.
Par
conséquent, tout cela, nous pouvons le regrouper sous l’appellation de «
déficit de démocratie ».
Si
vous avez des commentaires à ce sujet.
Renuka : Oui bien sûr.
Je
pense que vous avez vraiment donné un excellent aperçu des points positifs et
négatifs de la situation en Europe. Bien sûr, chaque pays, chaque démocratie, a
ses défis à relever, et je suis très heureuse que la France soit le berceau du droit de l'Homme. C'est véritablement le berceau de la démocratie, même
si elle a connu de nombreuses révolutions violentes avant d'en arriver là.
Maintenant,
la lutte contre la ploutocratie me semble si
importante. J'ai d'ailleurs précisé dans mon livre que je n'aborde pas cette
question. Cependant, je reconnais qu'elle représente un défi majeur pour de
nombreux pays. C'est un point absolument crucial. Je suis ravie que vous l'ayez
évoqué et je devrais peut-être approfondir la question du financement public
des élections. C'est une priorité absolue, notamment en raison du problème
persistant des obligations électorales. La situation est donc très complexe.
Il
y a ensuite un ou deux autres points que vous soulevez. Je pense que la
question la plus importante à laquelle de nombreux citoyens, dans les
démocraties du monde entier, sont confrontés est celle de l'influence sur la
politique étrangère de leur gouvernement. Celle-ci semble, d'une manière ou
d'une autre, échapper au contrôle démocratique. L'idée est de se dire : « Si je
dois faire la guerre, puis-je toujours consulter le peuple avant de m'engager ?
» Or, nous savons précisément ce qui s'est passé pendant la guerre du Vietnam.
Vous savez ce qui s'est passé pendant la guerre Iran-Irak. Dans aucun pays, les
citoyens n'ont la certitude que leur gouvernement, soi-disant élu, prenne en
compte leurs sentiments avant de décider de sa politique étrangère. C'est un
problème majeur en démocratie, et j'espère que quelqu'un écrira sur la manière
de contrôler la politique étrangère d'un gouvernement. Car, quelles que soient
les dispositions constitutionnelles, elles ne sont pas appliquées dans la
quasi-totalité des démocraties. C'est un véritable problème. Nous pouvons le
constater aux États-Unis, où des personnes des deux camps militent pour les
Palestiniens et pour Israël. Comment influencer le gouvernement lorsqu'il
définit sa politique étrangère ? C'est une question cruciale.
Vous
avez soulevé la question de l'interface entre les États membres de l'UE et l'UE
elle-même. Je sais que le mot « Brexit » est très mal perçu par beaucoup.
Pourtant, l'un des enjeux majeurs du Brexit était précisément celui-ci :
pourquoi obéir aux directives d'un organisme extérieur dépourvu de légitimité démocratique ?
Surtout lorsque nous avons élu notre gouvernement, qui devrait avoir le pouvoir
de traiter ces questions.
Évidemment,
la France et l'Allemagne… J'ai du mal à imaginer qu'elles veuillent quitter
l'UE. Diraient-elles vraiment « non, nous ne voulons pas de l'Union européenne
» ? Car ce serait la fin de l'Union européenne, puisqu'elles en étaient la
composante centrale. Ainsi, d'autres pays peuvent menacer de partir ou
simplement y songer, mais pas la France et l'Allemagne. Enfin, ce n'est pas comme
si un courant important nourrissait un sentiment anti-UE dans ces pays. Il est
bien présent.
Concernant
le référendum, votre remarque est très pertinente, car j'y fais référence à
plusieurs reprises dans mon livre : lorsqu'un peuple prend une décision suite
à un référendum équitable, même si la victoire se joue à une seule voix
d'écart, il est déclaré vainqueur. Vous savez, par exemple, avec une faible
majorité, le Québec a décidé de rester au sein du Canada. C'était une majorité
très serrée. De même, la majorité avec laquelle l'Écosse a décidé de rester au
Royaume-Uni n'était pas très large. Ce n'est donc pas une grande majorité, mais
c'est tout de même une majorité. Or, ne pas respecter le résultat du
référendum, c'est manquer à ses principes démocratiques. C'est aussi simple que
cela. Il faut appliquer la décision prise lors du référendum, qu'on le veuille
ou non. La démocratie nous y oblige. Prenons l'exemple du Royaume-Uni : on
envisage de faire abstraction du Brexit et de réintégrer progressivement l'UE,
par d'autres moyens. Mais le fait est que si vous ne respectez pas le
référendum et que vous attendez en disant « Je reviendrai quand je serai
prêt », c'est tout simplement inacceptable. Ce n'est pas démocratique. Par
conséquent, si c'est ce qui se passe, et si c'est bien ce que vous affirmez,
alors oui, je pense que c'est très grave.
Je
crois qu'il existe des tensions entre l'UE et ses États membres. Et ces
tensions vont s'accentuer avec le temps. Il faudra peut-être élaborer une
organisation complètement différente, un traité différent qui puisse défendre
les intérêts communs. Le passage du statut d'État souverain à celui de
fédération ne se fera peut-être pas naturellement. Ce ne sera pas comme on
l'imagine.
Anubandh : Merci pour ces commentaires pertinents.
Concernant
le référendum, j'ai une petite remarque.
Par
exemple, en Suisse, que vous considériez comme une démocratie importante et
fonctionnelle, on organise parfois des référendums sur des questions parfois
futiles. Par exemple : « Faut-il construire un minaret sur les
mosquées ? ». À mon sens, ce n’est pas le genre de question qu’il
convient de poser au peuple. Ce serait comme demandé en Inde : « Faut-il construire un temple dédié à
Ram ou non ? ». On demande aussi : « Quel pourcentage
d’immigrants étrangers devrait être admis chaque année en Suisse ? »
Il existe donc un débat sur la pertinence de poser de telles questions.
Voici un autre exemple. L'UE est également accusée
d'ingérence dans les élections présidentielles roumaines qui se sont tenues
récemment, le candidat arrivé en tête n'étant pas son favori. Même les services
de renseignement français, équivalent du RAW (Research & Analysis Wing)
indien, sont accusés d'ingérence dans ce scrutin. Il y a donc plusieurs
problèmes.
Passons
à la suite.
Je
souhaiterais vous donner un aperçu de la situation des médias en France. Cela
pourrait peut-être inspirer une initiative similaire en Inde. Voici donc
quelques exemples de chaînes de télévision et de médias français, parmi
lesquels figure Le Monde Diplomatique, qui est différent du Monde.
Il s'agit d'un journal distinct, fonctionnant grâce aux abonnements de ses
lecteurs et jouissant d'une grande indépendance. On constate d'ailleurs une
nette différence dans le traitement de l'information entre les médias
traditionnels et ce média alternatif qu'est Le Monde Diplomatique. Cela
pourrait surprendre en Inde, mais 95 à 98 % des médias en France, qu'il
s'agisse de la presse écrite, de la télévision ou des médias électroniques,
sont contrôlés par de grands groupes industriels.
Vous
avez donc Bernard Arnault. Vous voyez ici les noms des industriels et leur
classement selon leur fortune.
Les
grands noms ici sont donc Bernard Arnault, Vincent Boloré, Xavier Niel, … On
pourrait dire qu'ils sont les Ambani et les Adami français. Ce classement est
publié depuis plus de 20 ans et est mis à jour chaque année. J'espère donc
qu'un jour nous aurons en Inde un système similaire pour suivre l'évolution des
participations dans les médias. Voilà pour les médias.
Renuka : Puis-je faire un commentaire sur les médias ?
Anubandh : Bien sûr.
Renuka : En réalité, les médias indiens sont dans un état déplorable.
D'un certain point de vue, j'ai l'impression que nous avons connu un Printemps
arabe avant l'heure… Sans doute étiez-vous trop jeunes pour vous en rendre
compte, mais nous avons assisté à la transition de Doordarshan vers des médias
privés véritablement indépendants. Ils étaient réellement indépendants et
réalisaient un travail passionnant. J'ai rencontré à cette époque un diplomate
néerlandais. Je n'avais pas vraiment d'activité professionnelle à ce moment-là,
et il m'a dit : « Je vois dans les médias indiens des choses que même
aux Pays-Bas, nous ne verrions jamais ! » Vous savez, c'est tellement
ouvert et dynamique. Il se passait vraiment toutes sortes de choses.
Puis,
les industriels s'en sont emparés, conscients de la nécessité de contrôler ce
pouvoir extraordinaire que sont les médias. Certes, certains industriels
étaient déjà présents dans les médias, mais ils n'agissaient pas de la sorte.
On peut citer les Goenka, par exemple, ou encore le Times of India,
qui appartenait alors au secteur privé. Or, ce pouvoir qu'ils ont acquis et
qu'ils exploitent sans vergogne aujourd'hui est tout simplement indéniable.
La
différence entre la situation française et la situation indienne réside dans le
nombre de personnes qui contrôlent les médias indiens : on peut les
compter sur les doigts d'une main. En France, ce nombre est légèrement plus
élevé. C'est tout. Il n'y a pas d'autre différence.
Cependant,
un aspect très positif se dessine à l'horizon indien : les réseaux sociaux.
Certes, je constate que de nombreux influenceurs, souvent influencés par leur
propre image, diffusent toutes sortes de fausses informations, de faux avis et
autres inepties. Pourtant, il existe aussi un réseau social solide, positif et
authentique, proposant des commentaires et des faits sincères, que la plupart
d'entre nous suivent. Je l'ai constaté lors de ma campagne. Les gens me
disaient, il y a quelque temps déjà : « Nous ne regardons plus les médias
traditionnels. Nous ne voulons pas les regarder. » Les gens se tournent vers
les médias alternatifs.
Je
pense que c'est une excellente approche, et c'est pourquoi je crois au peuple
indien : il est clair qu'il s'y investit pleinement. Le mieux, c'est ce
qu'est « ALT News ». D'ailleurs, nous avons « ALT News ».
Anubandh : Oui.
Ce
que je tiens vraiment à souligner, c'est que ce phénomène n'est pas propre à
l'Inde, comme vous l'avez également mentionné dans votre livre. Il s'agit d'un
phénomène mondial.
Deux
scandales importants qui devraient vraiment nous ouvrir les yeux.
L'un
de ces scandales est celui de l'aide américaine, révélé l'an dernier. En effet,
depuis de nombreuses années, voire des décennies, les États-Unis financent de
grands médias internationaux. On peut donc se demander pourquoi. On peut
supposer que c'est pour manipuler l'opinion publique. On pourrait même parler
de propagande occidentale.
Un
autre scandale concerne l'OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting
Project). Des liens occultes ont été mis au jour entre cet important institut
de journalisme d'investigation et le gouvernement américain. L'OCCRP est le
plus grand réseau organisé de médias d'investigation au monde. Cette enquête a
révélé l'existence de liens avec le gouvernement américain. « Washington
finance la moitié de son budget, dispose d'un droit de veto sur les nominations
de ses hauts responsables et finance des enquêtes visant la Russie et le
Venezuela », a rapporté Mediapart le 2 décembre 2024.
Vous
avez également évoqué la ploutocratie. Car le prochain danger qui menace la
démocratie n'est plus seulement la mainmise de certains médias par de grands
industriels, mais bien la prise de contrôle de l'État tout entier ! C'est
le défi de notre époque. Je vais vous en présenter quelques points essentiels.
L'intelligence
artificielle (IA) est aujourd'hui omniprésente et, par exemple, elle nécessite
une quantité considérable d'électricité stable et puissante. Seule l'énergie
nucléaire peut fournir une telle électricité à une telle échelle. Aux
États-Unis, la production d'énergie nucléaire est désormais entre les mains
d'entités privées, ce qui est loin d'être anodin. Depuis 2013, ces entités
fournissent l'électricité nécessaire aux grandes entreprises d'IA, et ces mêmes
services d'IA sont ensuite utilisés par l'État américain, car le gouvernement
ne dispose pas de sa propre IA. On comprend donc aisément la relation :
plus on investit d'énergie, plus on développe d'intelligence. Il est important
de souligner que des sommes colossales ont déjà été investies dans
l'électricité ! Une partie de ces investissements est déjà réalisée et la
totalité sera dépensée d'ici 2026 ou 2027. De plus, près de 3 000 milliards de dollars seront investis dans
l'IA d'ici 2030.
Il
est essentiel de prendre en compte l'ampleur de cet investissement. La dette
française s'élève à 3 400 milliards d'euros, soit près de 113 % de
son PIB. Il s'agit donc d'un phénomène colossal. Si l'on admet que les
ressources mondiales sont limitées, et qu'une telle somme est investie dans une
seule direction, on peut aisément imaginer les conséquences pour les
démocraties et les populations.
Par
exemple, l'Italie a récemment confié le développement de son système de
communication de défense, complexe et cryptique, à SpaceLink, la société d'Elon
Musk. Les implications stratégiques de cette décision sont considérables. En
Allemagne, les services de police des différents atterrisseurs… Ces derniers
fonctionnent comme de véritables petites zones de sécurité. Ils utilisent des
logiciels de surveillance fournis par Palantir, une entreprise américaine
privée. Au Royaume-Uni, depuis 2023, le Service national de santé (NHS) utilise
les logiciels de Palantir pour gérer les données des patients. En France, c'est
Microsoft qui collecte ces données. Enfin, des infrastructures de cloud privé
sont également utilisées par les entités publiques et gouvernementales. Là
encore, des conflits d'intérêts et des questions de souveraineté se posent.
Finalement,
en 2025, les États-Unis ont adopté la loi « US Security Chip Act »,
qui vise Nvidia, géant du matériel informatique qui contrôle 90 à 95 % du
marché mondial des ordinateurs. De ce fait, tous nos ordinateurs portables
doivent désormais obligatoirement être équipés d'un système de géolocalisation
GPS. C'est d'ailleurs ce que nous, Occidentaux, reprochons à Huawei et à
d'autres entreprises chinoises. Et maintenant, cette pratique est légalisée aux
États-Unis. Cela concerne tous les
utilisateurs d'ordinateurs portables, qu'ils soient indiens, français ou
autres.
Voici
donc les prochains défis.
N'hésitez
pas à faire des commentaires.
Renuka : Il semble que vous ayez mené des recherches sur plusieurs
sujets. Dès le début de mon livre, j'évoquais
l'immense problème de la ploutocratie, un problème que je n'ai, à vrai dire,
pas abordé en détail. Bien sûr, son potentiel de renversement et de mise à mal
de la démocratie est considérable. C'est un fait. Cependant, je dois avouer que
je ne suis pas très au fait des détails que vous mentionnez.
Bien
sûr, vous soulevez de nombreuses questions très importantes et je suis sûr que
les pays concernés, je l'espère, y jetteront un œil et que leur population
exercera des pressions lorsqu'elle prendra conscience de certains de ces défis.
Anubandh : Qui sait, peut-être ajouterez-vous un chapitre sur cet
aspect dans la prochaine édition de votre livre !
J'espère
également que votre livre sera traduit dans différentes langues indiennes, afin
que cette importante discussion puisse leur parvenir.
Renuka : Eh bien, je l'espère, car notre pays fait face à de nombreux
défis, notamment le multilinguisme. Nous
devons pouvoir toucher la population. Cependant, la bonne nouvelle en
provenance d'Inde, c'est que les gens sont sensibilisés. On rencontre sans cesse
des gens, je me déplace et je parle à tous ceux que je croise, pas seulement
aux personnes aisées comme nous. Quand on discute avec des personnes de tous
horizons, de tous niveaux de revenus, y compris les plus démunis, les retours
sont extrêmement encourageants. Lorsqu'ils vont voter, ils croient profondément
en ce petit objet qu'ils tiennent entre leurs mains et en le pouvoir qu'ils
exercent. C'est un point positif. Je m'en réjouis.
Anubandh : Eh bien, ce que votre livre a vraiment mis en lumière pour moi,
c'est que les Indiens font partie intégrante du monde. Nous avons des intérêts
dans le monde et, réciproquement, le monde a des intérêts en Inde. Nous sommes
tous interconnectés. Ce sont des enjeux de notre existence commune, de notre
existence démocratique en quelque sorte. C'est vraiment formidable. Je vous en
remercie.
Je
souhaite maintenant conclure notre discussion, car elle s'est prolongée. Les
sujets abordés sont très intéressants.
Une
dernière question. En fait, je vais plutôt les regrouper car j'en ai deux.
J'aimerais
beaucoup entendre vos réflexions sur l'importance de la lecture à notre époque.
Cela s'adresse aussi bien à la prochaine génération qu'aux personnes de ma
génération. Peut-être que pour vous, la lecture était plus courante qu'elle ne
l'est aujourd'hui. Nous sommes confrontés à bien plus de distractions.
Pourtant, je pense que la lecture est plus que jamais d'actualité.
Vous
m'avez aussi dit avoir un prochain projet, l'intention d'écrire un nouveau
livre. Pourriez-vous donc regrouper ces deux questions et nous en aurons
fini ?
Renuka : Oui, la lecture !
Je
suis ravi de constater que, malgré les fausses prédictions annonçant la mort de
la lecture, elle est loin d'être
morte. On l'entend sans cesse dire que la lecture est morte. J'ai la chance
d'avoir pour la plupart des amis de grands lecteurs. Ils lisent beaucoup, et de
toutes sortes de choses, ce que je trouve fascinant. Car pour moi, la lecture a
été une véritable ouverture sur le monde. Elle m'a guidé tout au long de ma
vie, m'apprenant à anticiper les différentes étapes. C'était comme avoir une
présence rassurante, une sorte de fantôme à mes côtés, qui me tenait la main et
me guidait. La lecture est donc essentielle et elle le reste encore
aujourd'hui. En revanche, je pense que mes amis qui ne lisent pas se
distinguent des autres par leur dépendance aux réseaux sociaux pour s'informer.
La
différence entre les réseaux sociaux et la lecture, c'est que, comme c'est le
cas actuellement pour ce genre de long débat où l'on échange des points de vue,
où l'on examine les arguments, la logique du raisonnement, où l'on consulte des
tableaux, des diagrammes, des statistiques, et où l'on se forge ensuite une
opinion, ce processus est possible grâce à la lecture. C'est impossible sur les
réseaux sociaux. Je ne pense pas que ce sera possible, même à l'avenir, car
cela exige une certaine concentration, des allers-retours constants. Ce
processus n'est possible qu'avec des documents écrits, dans un livre. Même en
petit format, il faut un livre. J'espère que nos enfants ne perdront pas cette
compétence. Cela m'inquiète car le temps de lecture à l'école est de plus en
plus limité. Il est bien moindre qu'avant. Cela m'inquiète car il est essentiel
d'entraîner son esprit à analyser les données et à déterminer par soi-même leur
cohérence. Cette logique s'applique à tous les niveaux. Si ce n'est pas le cas,
il faut pouvoir dire : « D'accord, ce n'est pas le cas pour les
raisons suivantes. » C'est donc un processus de réflexion que seul un
livre peut permettre.
Bien
sûr, on peut lire sur Kindle ou avec un livre papier. Je préfère le tenir en
main. Sur Kindle, on a moins tendance à faire des allers-retours entre les
pages. Je suis donc ravi de faire partie de ces lecteurs et je pense que la
lecture a considérablement enrichi ma vie. Je ne peux même plus imaginer une
vie sans lecture.
Anubandh : Et votre prochain livre ?
Renuka : Eh bien, je ne sais pas si je veux m'étendre sur le sujet
ici. J'ai bien sûr sauté quelques chapitres, mais comme vous l'avez mentionné
au début, je m'intéressais aux sciences politiques et à l'économie. Ce livre
traite d'économie, d'une manière différente. Je vais l'aborder de façon
personnelle car je me suis beaucoup interrogé sur la quantité d'argent
suffisante. Cela signifie que j'ai besoin de définir la notion d'argent pour
comprendre le pouvoir qu'il exerce. Malgré tout ce dont nous avons parlé aujourd'hui,
il existe de nombreux poèmes, histoires et chansons, notamment des chansons
populaires, qui affirment que « l'argent ne fait pas le bonheur ».
L'argent
ne fait pas tout. Que permet-il d'acheter ? Que ne permet-il pas d'acheter ? À
quoi sert-il comme indicateur ? Car nous l'utilisons pour juger la réussite ou
la carrière de quelqu'un. Il sert aussi à maintenir l'inégalité entre les
sexes, car on dit que si une femme gagne plus que son mari, il y a un problème.
Je ne comprends pas pourquoi l'argent devrait être le symbole du pouvoir, de la
domination ou de notre sentiment d'épanouissement. C'est dans cette direction
que j'aimerais explorer, étudier comment l'argent peut influencer les votes.
Jusqu'où peut-il acheter, et jusqu'où ne le peut-il pas ? L'effet Mamdani nous
montre qu'il a ses limites. C'est peut-être impossible. On ne sait jamais. Je
ne sais donc pas à quelle conclusion j'arriverai. Mais j'aimerais examiner
cette chose curieuse qu'est l'argent. Qu'est-ce que c'est exactement ?
C'est
vraiment intéressant !
Anubandh : Et cela me rappelle deux choses.
Une
amie française m'a raconté que, petite, elle avait demandé à sa mère si telle
ou telle chose était chère. Comment en décider ? Sa mère lui avait répondu
que cela dépendait de l'usage et du lieu ! Dans le désert, on serait prêt
à payer une fortune pour une bouteille d'eau, contrairement à la vie de tous
les jours. C'est donc relatif.
Un
autre aspect que j'observe, et qui est d'autant plus vrai dans le contexte
indien actuel, c'est que plus on a d'argent, plus on a probablement la capacité
de polluer l'environnement, car on a alors accès à des habitudes de
consommation coûteuses comme les voyages à l'étranger, les achats de gadgets
onéreux, etc. Il y a donc une corrélation que je constate.
Concernant
les livres, je tiens à souligner que j'ai appris que le Dr Ambedkar, durant ses
études à l'Université Columbia aux États-Unis, a lu plus de 2 000 livres
en seulement deux ans ! Avec ses maigres économies, il achetait des livres
d'occasion. Voilà qui témoigne de son immense culture lectrice, et cela se
reflète dans son œuvre ultérieure.
Renuka : Avec le recul, je peux vous dire que l'une des périodes les
plus heureuses de ma vie fut celle où j'étais presque sans le sou. Je vivais
alors dans un quartier de la Bourse de Paris et parcourais l'Europe de l'Ouest
à pied, voyageant et visitant les environs avec un budget très serré. Malgré
tout, cela me procurait une immense joie. Et oui, avec mes premiers revenus, je
les ai dépensés en livres. Je suis entrée dans une librairie, et le
propriétaire semblait deviner mes envies. Il me faisait des réductions
incroyables, sans même en faire tout un plat. Car, je crois, un amoureux des
livres en reconnaît un autre. Inutile de marchander ensuite. Ainsi, je me
souviendrai toujours de cette librairie près de mon université où, avec mes
premiers revenus, je suis allée acheter un livre.
Anubandh : J'ai bon espoir, et je suis presque convaincu, que cette
interaction, cette interview, incitera davantage de personnes à lire des livres,
et en particulier le vôtre.
Merci
beaucoup Renuka d'avoir accepté de me parler !
Vous
avez grandement contribué à la démocratie indienne, en la faisant progresser et
en la rendant plus accessible grâce à un langage très simple. Cela ne la rend
pas pour autant moins importante ; au contraire, cela la rend plus
accessible. C’est d’ailleurs là le but ultime des démocraties.
Je
vous remercie encore et j'espère que nous pourrons continuer à échanger à
l'avenir. Merci.
Renuka : Merci beaucoup.
En 2018, Renuka fait ses
premiers pas en politique en se présentant aux élections de l'assemblée du
Karnataka dans la circonscription de Shanti Nagar à Bangalore, sous la bannière
du parti Aam Aadmi.
Renuka milite pour l'inscription aux listes électorales et la scolarisation des enfants issus
de milieux défavorisés, conformément au droit à l'éducation. Elle s'engage
également pour la protection de l'environnement et la défense des droits des
femmes.
Enfin,
Renuka parle couramment plusieurs langues, dont le
malayalam, le tamoul, le kannada, l'hindi, l'anglais, le français et
l'espagnol. Par ailleurs, elle se passionne pour le cinéma, le théâtre, la
musique, la littérature et les arts. Elle aime voyager, lire et bien d'autres
choses encore.
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